Touche pas à mon Popotte, une maison pleine d’amour pour les oubliés de l’été

Les années passent mais rien ne change. À l’approche des vacances, ce sont toujours les mêmes images terribles qui nous reviennent : ces cohortes d’animaux que l’on abandonne au bord des routes. Ces malheureux nous interpellent et témoignent d’une triste réalité, ils ne sont que de simples « consommables » dont l’on peut disposer à sa guise. Mais heureusement pour ces animaux que la loi reconnait comme des êtres sensibles, certains leur viennent en aide. Nous connaissons tous la SPA ou 30 Millions d’Amis qui accueillent chiens et chats mais d’autres associations œuvrent pour venir en aide à des animaux plus « confidentiels ». Lapins, chinchillas, chèvres et même Marcassins… rencontre avec Karine Foezon qui a ouvert son refuge « Touche pas à mon Popotte », il y a huit ans maintenant. 

DLCAJ : Pourquoi avez-vous créé un refuge pour animaux ? Comment est née l’histoire de votre association : « Touche pas à mon Popotte » ?

Karine Foezon, fondatrice du refuge Touche pas à mon Popotte : J’ai toujours adoré les animaux. J’ai toujours entretenu avec eux un lien privilégié. J’ai travaillé pendant plus de 15 ans à Paris en tant que psychologue clinicienne et je me suis toujours dit que quand je serai à la retraite, je monterai un refuge pour les animaux. J’ai eu l’occasion d’arrêter mon activité plus tôt et j’en ai profité pour vendre mon appartement et venir m’installer ici, à Salleboeuf, dans la région bordelaise. Et ici, j’ai pu créer mon refuge sur les 1,6ha de ma propriété. 

DLCAJ : Vous aviez ciblé un bien pour y héberger votre association ? 

Karine Foezon : Tout à fait, c’était la seule maison avec autant de terrain pour accueillir les animaux que je pouvais m’offrir avec mon budget. D’ailleurs, la maison en elle-même était dans un état épouvantable.

DLCAJ : La propriété est une véritable « arche de Noé ». C’est vous qui avez réalisé toutes les installations pour héberger les animaux ? 

K. F. : J’ai effectivement créé le lieu toute seule au départ. J’ai installé les enclos et les abris moi-même. Avec une amie nous avons pu récupérer des chalets  d’occasion à bas prix et très rapidement, et seulement quelques mois après mon arrivée, j’ai accueilli mes premiers animaux : des lapins. 

DLCAJ : Vous êtes un refuge un peu particulier, vous accueillez majoritairement des animaux de la ferme et des NAC… Pouvez-vous nous dire ce que sont les « NAC » ? 

K. F. : « NAC », c’est l’acronyme pour les Nouveaux Animaux de Compagnie. Cela regroupe notamment tout ce qui est lapins, cochons d’inde, chinchillas, souris, serpents, rats… D’ailleurs, j’ai hébergé des rattes pendant quelque temps. C’est beaucoup plus sympathique que ce que je pensais. Au départ, j’étais effrayée par leur queue mais elles étaient tellement intelligentes et attachantes. Elles étaient destinées à nourrir un serpent et elles étaient terrifiées. J’ai noué un lien avec elles. Elles m’ont beaucoup touchée. Mais je les ai envoyées dans une autre association plus spécialiste des rats. En revanche, je refuse les serpents.

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DLCAJ : Administrativement, comment ouvre-t-on un refuge pour animaux ? 

K. F. :  Ça commence par l’ouverture classique d’une association loi 1901. Mais, à la différence des refuges pour chiens et chats, lorsque j’ai ouvert mon association il y a 8 ans, les refuges pour « NAC » n’étaient pas soumis à une réglementation stricte. J’ai pu monter mon refuge très rapidement, sans avoir d’inspection ou de normes particulières à respecter. En fait, tout le monde se fichait un peu du sort de ces petits animaux de compagnie et j’ai donc eu toute la latitude pour leur venir en aide rapidement. 

DLCAJ : Vous vous occupez également d’animaux dits « de rente », des animaux de ferme…

K. F. : Oui on a des chèvres, des cochons et des moutons. Et eux, tout le monde s’en fiche encore plus parce que ce sont des animaux d’exploitation. Ils sont destinés à rapporter de l’argent. Et puis, au-delà des NAC et des animaux de ferme, nous avons également ouvert des places aux chats. Toujours des histoires singulières. Des chats que j’ai trouvés moi-même ou qu’on nous a amené souvent gravement blessés. 

DLCAJ : C’est-à-dire ? 

K. F. :  Par exemple, j’ai trouvé ce petit chat en allant  chez des amis. Il se trainait sur un moignon et il risquait une grave infection. Il était tout pouilleux. Je l’ai amené immédiatement chez le vétérinaire qui lui a découvert en plus une infection de l’abdomen. On l’a opéré pour soigner son infection et on l’a amputé au niveau de la hanche pour que son moignon ne gangrène pas. 

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DLCAJ : Est-ce compliqué de se faire connaître ? Avez-vous besoin de communiquer sur votre association ? 

K. F. :  En fait, on n’attend jamais qu’on nous amène des animaux. C’est bien le problème ! On te trouve toujours quand on veut abandonner son animal. On a du monde non-stop. On reçoit des appels tous les jours. Le problème c’est plutôt de trouver une famille à ces animaux. 

DLCAJ : Aujourd’hui vous hébergez combien d’animaux en tout ? 

K. F. :  Une soixantaine. 

DLCAJ : Et comment faites-vous pour les nourrir et les soigner ? 

K. F. :  Pour les nourrir, nous avons noué des partenariats avec des entreprises comme Pronadis (un distributeur bio national). Ils nous fournissent leurs invendus en fruits et légumes. Sans eux, nous ne pourrions pas fonctionner. Ils couvrent 9/10ème de nos besoins en produits frais.

DLCAJ : Bénéficiez-vous d’autres aides ? 

K. F. :  C’est problématique vous vous en doutez ,aucune aide de l’État. En revanche, nous sommes aidées  par trois  fondations  reconnues: 30 Millions d’Amis, la Fondation SPA et la Fondation Brigitte Bardot. E heureusement elles nous octroient de petites subventions

Mais ce n’est pas suffisant, les frais vétérinaires sont très importants! Nous faisons appel à la générosité.

DLCAJ : Vous pouvez également compter sur le soutien de bénévoles pour vous aider. Quelles sont les tâches quotidiennes pour s’occuper des animaux ?

K. F. :  C’est un travail très dur physiquement. Il faut assurer le nettoyage des litières et des enclos, la préparation des repas. On leur sert des gros plateaux de légumes avec 5 légumes et 2 fruits tous les jours.  Pour certains animaux qui ont des infections dentaires, il faut couper la nourriture en tout petits morceaux. Et puis, il y a également toute la partie soin. On a des animaux sous antibiotiques donc il faut leur faire leurs injections sous-cutanées et intramusculaires. 

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DLCAJ : Tous les étés, on retrouve les mêmes campagnes de sensibilisation déchirantes sur ces chiens et ces chats abandonnés au bord des routes mais ce qui nous a particulièrement touché dans votre démarche c’est que vous vous intéressez à tous ces animaux que l’on ne voit pas et qui, eux aussi, connaissent le même triste sort…

K. F. :  C’est bien pour ça que je me suis intéressée à eux. Ces animaux-là sont oubliés. Des refuges pour NAC, il y en a  de moins en moins en France. Quant aux animaux de ferme, c’est simple, ils sont abattus  bien avant l’heure de leur retraite. Bien sûr, je ne parle pas des animaux de la petite ferme du coin. Je parle de ceux qui sont dans les circuits des grosses industries agroalimentaires. En plus de vivre une vie de « m##### », leur abattage est terrible. C’est ça qui me touche énormément et me pousse à leur venir en aide.

DLCAJ : En faisant le tour de votre refuge, nous avons été bien surpris d’y trouver un marcassin et un sanglier. Comment en êtes-vous arrivé à les accueillir ?

K. F. :  Avant toute chose, je tiens à préciser que j’ai obtenu une capacité qui me permet de m’occuper de sangliers  désormais et je viens de faire une demande officielle d’ouverture d’établissement spécialisé pour pouvoir en accueillir d’autres si besoin. Ce qui me touche chez eux c’est que ce sont des animaux ignorés parce qu’ils sont chassables et, plus encore, considérés comme de gros animaux dangereux.

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DLCAJ : Oui, c’est important de préciser que ce n’est pas une facétie de votre part d’avoir recueilli des sangliers. D’ailleurs, quel cadre légal faut-il respecter pour en accueillir ?

K. F. :  Pour sauver un sanglier et avoir la possibilité de s’en occuper, il est primordial de faire une déclaration de détention à la préfecture. Ça ne s’improvise pas comme ça. Légalement, on ne peut venir en aide à un sanglier que si on est face à un état manifeste de nécessité. Par exemple : un marcassin blessé, seul au bord d’une route justifie un état de nécessité pour intervenir.  

DLCAJ : Ces précisions faites, pouvez-vous nous raconter la belle histoire de ces animaux que vous avez baptisé Lola et Sam ?

K. F. :  Il y a un an et demi, un tout petit marcassin, Sam, s’est réfugié dans ma chèvrerie. Sa mère a dû être tuée à la chasse à proximité. Il était déshydraté et très faible alors je lui ai donné à boire et il n’a jamais voulu repartir. 

DLCAJ : Comment avez-vous réagi en voyant débarquer ce petit marcassin ? 

K. F. :  Je ne savais pas quoi faire donc j’ai immédiatement contacté le centre  de soins de la faune sauvage de France. Ils étaient tous débordés et n’avaient pas de place pour l’accueillir.  Je me suis alors tournée vers l’assocation Vida qui m’a conseillée et informée sur la démarche à suivre pour être dans la légalité. J’ai donc pu le garder et je lui ai aménagé un espace adapté pour qu’il soit bien. 

DLCAJ : Et la dernière arrivée, Lola ?

K. F. :  Elle a été déposée sur ma propriété, certainement par des chasseurs, inconsciente et semi-comateuse. Nous l’avons emmenée chez le vétérinaire de Sam (le premier sanglier recueilli) qui lui a trouvé une grave maladie du groin typique des cochons et des sangliers. Une maladie mortelle dans 9 cas sur 10. On lui a donc prodigué des soins assez lourds : injections tous les trois jours, extracteur d’oxygène, allaitement au biberon toutes les trois heures… Aujourd’hui, elle a 7 mois et elle est tirée d’affaire !

DLCAJ : Nous l’avons vu très attachée à vous. C’est surprenant de la voir vous suivre partout… elle est vraiment attachante.

K. F. :  Pour elle, je suis sa mère. Ce sont des animaux très « imprégnables », particulièrement intelligents et sensibles. Ils sont d’une gentillesse incroyable, à l’opposé des représentations que l’on peut s’en faire., j’ai moi même été surprise.

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DLCAJ : En faisant le tour du refuge avec vous, nous sommes frappés par ce lien particulier que vous avez noué avec ces animaux. Ils ont tous un prénom et ils investissent, quasi librement, tous les espaces de votre propriété, y compris votre maison… 

K. F. :  Eh bien en fait c’est ma famille ! 

DLCAJ : Avez-vous un message pour les personnes qui nous lisent ?

K. F. :  Quand on décide d’adopter un animal, il ne faut pas le faire sur un coup de tête. Aujourd’hui, on a la chance d’avoir un accès très facile à l’information aujourd’hui avec Internet Il faut bien se renseigner sur les espèces que l’on souhaite adopter. On ne peut plus dire que l’on ne savait pas. 

DLCAJ : Comment peut-on vous aider ? 

K. F. :  Nous avons différents besoins.. Nous recherchons d’autres  partenaires qui nous donnerait du matériel , brouette, remorque et ustensils agricoles Et puis, bien sûr, vous pouvez parrainer un animal ou tout simplement nous faire un don par virement, par chèque ou sur internet. Je rappelle que ces dons sont déductibles pour les entreprises et les particuliers.

Touche pas à mon Popotte

Refuge pour nouveaux animaux de compagnie et animaux de ferme

8 allée de Cardet, 33370 Salleboeuf

Site internet : Touche pas à mon Popotte

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