Entre raison et passion : est-ce le moment d’acheter ?
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Entre raison et passion : est-ce le moment d’acheter ?
Séverine Amate, experte en communication immobilière et ancienne directrice des relations presse du groupe SeLoger, Benoît Galy, Fondateur et PDG de Green-Acres et Isabelle Larochette, Présidente-Fondatrice de De La Cour Au Jardin, livrent leur lecture du marché des résidences secondaires et des maisons de famille. Entre données chiffrées issues de l’Observatoire Green-Acres 2026, retours du terrain et projet de vie, ils apportent leur éclairage sur cette question particulièrement actuelle.
Séverine, pouvez-vous nous dire à quel titre vous intervenez sur ce sujet ?
Séverine Amate : Je suis à la tête de ma propre agence de presse depuis trois ans. Auparavant, j’étais directrice de la relation presse et publics pour le groupe SeLoger, où j’accompagnais des acteurs du logement, de l’immobilier et de la proptech dans les médias. Dans ce cadre, j’ai été régulièrement associée à des études de marché sur tous les segments du logement — le neuf, l’ancien, la construction, les résidences secondaires, le segment premium… J’ai développé cette capacité à prendre de la hauteur, à analyser les chiffres et à les relier à des comportements psychologiques. C’est ce qui fait que de nombreux médias me sollicitent aujourd’hui comme experte.
Quelle est votre lecture du marché de la maison de famille aujourd’hui ?
Séverine Amate : La maison de famille n’est plus seulement une maison de vacances. Aujourd’hui, c’est souvent la première étape d’un changement de vie. En France, on compte environ 3,7 millions de résidences secondaires, soit près d’un logement sur dix. Ce qui change aujourd’hui, c’est l’usage. Selon l’Observatoire Green-Acres 2026, 74 % des acheteurs envisagent d’en faire leur résidence principale à terme. Autrement dit, la résidence secondaire devient souvent une résidence principale différée. Et la demande progresse de 8,6 % sur un an — ce n’est pas une tendance conjoncturelle, c’est un mouvement de fond.
Est-ce que vous retrouvez cela sur le terrain, Isabelle ?
Isabelle Larochette : Tout à fait. J’observe ce marché depuis plus de 30 ans et ce retour vers la maison de famille est très net. Ce que les gens veulent aujourd’hui, c’est une maison avec de vraies chambres pour recevoir leurs enfants et leurs petits-enfants, un extérieur, de l’espace. Il y a une dimension affective très forte. Ce n’est plus la résidence secondaire un peu désuète des années 80 — c’est un projet de vie, souvent pensé dans une logique de retraite ou de transition. Et ce projet revient en force depuis le Covid. Chez nous, on a vendu beaucoup de maisons de famille pendant cette période, et l’élan ne s’est pas arrêté.
Qui sont ces acheteurs, et que cherchent-ils précisément ?
Séverine Amate : Ce sont majoritairement des urbains en transition — souvent en semi-retraite ou sur le point de changer de vie. Paris représente à elle seule 28 % des recherches sur Green-Acres. Le profil type ? Une maison d’environ 135 m², pour un budget proche de 283 000 euros. C’est un budget mesuré — on parle d’environ 1 600 à 2 000 euros le mètre carré, contre près de 10 000 euros à Paris. Ce que ça dit, c’est qu’ils ont intégré qu’on n’achète pas ailleurs aux prix de la capitale. Et quand le budget descend autour de 200 000 euros, la logique change encore : pour les Franciliens, ce n’est pas un renoncement, c’est une boussole géographique. Avec ce budget, ils cherchent en moyenne une maison d’environ 100 m² avec plus de 1 300 m² de terrain. La priorité devient l’espace et la qualité de vie, plus que l’emplacement premium.
Où vont-ils concrètement ?
Séverine Amate : Deux stratégies émergent clairement. La première, c’est le pied-à-terre au soleil : Perpignan, Nîmes, Narbonne, Cannes — souvent des appartements entre 80 000 et 150 000 euros pour profiter du climat. La seconde, majoritaire, c’est la maison refuge à la campagne. Des communes comme Civray dans la Vienne, Gourdon dans le Lot, ou Luzy dans la Nièvre permettent d’acheter des maisons de plus de 130 m² avec plus de 1 000 m² de terrain.
Quelles sont les régions les plus attractives aujourd’hui ?
Séverine Amate : Les destinations numéro un ? La Dordogne — une maison de 109 m² avec 1 800 m² de terrain pour environ 149 000 euros. La Nièvre autour de 115 000 euros pour 104 m². La Charente à 103 000 euros, la Creuse et la Corrèze en dessous de 120 000 euros. Ces territoires offrent souvent moins de 1 000 euros le mètre carré. À budget équivalent, on passe d’un studio en bord de mer à une grande maison de campagne avec jardin.
Et pour les budgets plus importants ?
Benoît Galy : Ce segment est bien représenté. Avec l’ensemble de nos utilisateurs — Français et étrangers — le prix médian global ressort à 285 000 euros. Mais les chiffres se répartissent ainsi : 25 % des acheteurs acquièrent un bien à moins de 160 000 euros, et à l’autre extrémité, 25 % achètent au-dessus de 490 000 euros. Les 10 % les plus actifs sur le segment haut de gamme sont au-dessus de 860 000 euros. Si l’on regarde par région, les Alpes-Maritimes illustrent bien la diversité : pour faire partie des 10 % des acheteurs les plus actifs sur cette zone, il faut « sortir » 1,7 million d’euros. Val-d’Isère affiche un prix médian de 1,1 million, Megève de 990 000 euros. La notion de « luxe » est très relative selon les territoires.
Isabelle Larochette : Ce que je constate, c’est que la maison de famille redevient un point d’ordre stratégique. La démographie joue en faveur de ce marché : de plus en plus de baby-boomers qui ont les moyens et l’envie d’investir dans ce type de bien. Ce n’est plus marginal — c’est une tendance de fond.
Quelles sont les grandes géographies du marché, et comment s’arbitrent-elles ?
Séverine Amate : L’Observatoire Green-Acres distingue trois grandes logiques.
1. La mer, c’est l’achat de l’emplacement : prix médian de 416 000 euros pour 94 m², plus de la moitié d’appartements. Des adresses emblématiques comme La Baule à 768 920 euros ou Le Touquet à 755 000 euros, mais aussi des marchés accessibles comme Le Barcarès à 139 000 euros ou Gruissan à 190 000 euros.
2. La montagne est à deux vitesses : les Alpes, avec un budget médian de 484 000 euros pour 94 m², et des massifs accessibles comme les Pyrénées à 165 000 euros ou le Massif Central à 150 000 euros. Pour le prix d’un appartement dans les Alpes, on peut s’offrir une grande maison familiale en Auvergne.
3. Et la campagne, c’est là que le projet de maison de famille retrouve toute sa force. Dans l’Ouest, le prix médian est à 199 000 euros pour des maisons de plus de 130 m² avec de vastes terrains. Dans le Sud-Ouest, autour de 245 000 euros. Le Sud-Est joue dans une autre catégorie — Mougins à 1 400 000 euros, Saint-Rémy-de-Provence à 850 000 euros : c’est le segment de l’exception.
Quelles contraintes faut-il anticiper avant d’acheter ?
Benoît Galy : Deux paramètres sont devenus aussi structurants que le prix au mètre carré. La fiscalité d’abord : la taxe d’habitation sur les résidences secondaires a profondément changé de visage. La moyenne nationale atteint 1 125 euros par an, mais c’est très trompeur. À Paris, le coût moyen dépasse 2 783 euros — avec une surtaxe au plafond de 60 %. Nice, Bordeaux, Biarritz : même constat. Cannes, La Baule ou Le Touquet, en revanche, n’ont pas activé cette surtaxe. C’est un choix politique variable d’une commune à l’autre.
Séverine Amate : La location saisionnière est l’autre variable à instruire absolument. Selon l’Observatoire Green-Acres, 53 % des acheteurs envisagent de louer leur bien. Mais aujourd’hui, plus de 700 000 résidences secondaires — soit 20 % du parc — sont situées dans une zone soumise à des restrictions significatives. L’Observatoire a cartographié ces contraintes sur cinq niveaux, du simple enregistrement obligatoire jusqu’au régime maximal avec compensation, quotas et plafond à 90 jours. Le Pays Basque illustre parfaitement l’impact : après l’instauration du régime de compensation, les autorisations de location saisionnière ont chuté de 92 % en un an. À partir de mai 2026, les niveaux 1 et 2 seront généralisés à toute l’Union européenne. Choisir son lieu, c’est désormais aussi choisir son cadre réglementaire.
« Ce n’est jamais le bon moment de se faire plaisir mais on n’a qu’une vie ! », Benoît Galy, CEO de Green-Acres
Y a-t-il des territoires qui offrent encore prix accessibles, fiscalité modérée et liberté locative ?
Benoît Galy : Oui, et c’est ce que nous appelons la zone de liberté. Trois territoires se distinguent en 2026. Les Pyrénées accessibles d’abord : Cauterets à 129 000 euros, Saint-Lary-Soulan à 179 000 euros — des stations dynamiques avec domaines skiables, saison estivale en développement, et une réglementation locative encore largement au niveau 1 ou 2. Le Massif Central ensuite : prix médian à 150 000 euros, 97 % de maisons, des surfaces qui dépassent souvent 130 m², une fiscalité locale parmi les plus modérées de France. Et l’Ouest profond enfin : Vierzon à 103 500 euros, Vire Normandie à 169 000 euros — des marchés où le rêve de la maison avec jardin redevient financièrement tangible, avec une réglementation locative quasi inexistante.
Ces trois territoires partagent une caractéristique essentielle : en 2026, ils offrent encore ce que les marchés iconiques ont progressivement perdu — la liberté de faire de son bien ce qu’on souhaite en faire.
Alors, est-ce vraiment le moment d’acheter ?
Séverine Amate : La vraie réponse, c’est que ça fait vingt ans qu’il n’est pas « le bon moment » selon certains — et pourtant les prix ont augmenté de 30 % sur les vingt-cinq dernières années. Aujourd’hui, le marché redevient lisible : les taux se sont stabilisés, la pierre reste une valeur refuge. On a terminé l’année à 875 000 transactions — c’est une année tout à fait honorable. L’attentisme existe, mais le marché ne s’arrête jamais.
Isabelle Larochette : Depuis 1998, cette question m’a été posée à d’innombrables reprises, et ma réponse reste la même : oui, c’est toujours le moment d’acheter. L’immobilier est avant tout une épargne forcée, mais c’est aussi un projet de vie qu’on vit avec émotion et plaisir. Sur la résidence principale, rares sont ceux qui ne réalisent pas de plus-value à condition de conserver le bien au moins cinq ans. Et même avec des taux légèrement plus élevés, on peut toujours renégocier. Dans un contexte géopolitique difficile, l’immobilier reste une valeur refuge — quand la bourse baisse, c’est souvent le moment de sécuriser un patrimoine tangible.
Benoît Galy : Moi, je le dis clairement : investir dans une résidence secondaire, ce n’est pas forcément un bon investissement financier. Mais on n’a qu’une vie. La vraie question, c’est : est-ce que vous avez envie de vous faire plaisir ? Est-ce que vous voulez un endroit particulier, un lieu qui vous ressource ? Chez Green-Acres, on se positionne comme la plateforme de l’achat immobilier plaisir. Et la démographie joue pour nous : de plus en plus de seniors actifs, de baby-boomers qui ont les moyens et l’envie. Ce n’est pas une mode — c’est une vague.
La question que nous posons à tous nos invités — comment définirez-vous l’art de vivre ?
Benoît Galy : Pour moi, c’est trouver des lieux où l’on peut se ressourcer, s’épanouir et vivre de manière authentique. Et y prendre du plaisir.
Séverine Amate : L’authenticité, le bien-vivre, la réunion de famille, l’art de recevoir… Et surtout, l’art de ne pas passer à côté des moments de vie. C’est ça, l’art de vivre.
Green-Acres — The specialist platform for second homes in France and Europe. Explore the Observatory: L'immobilier plaisir 2026 (Act 3)